Préambule
Dans mon billet précédent, j’annonçais attaquer le dernier chapitre d’Élévation (sans compter l’épilogue). Je précisais également que s’il devait s’allonger un peu trop, je devrais le scinder en deux. Évidemment, cet événement s’est produit.
Malgré cette brève prolongation, j’ai, le 29 mars dernier, officiellement terminé la rédaction de ce second jet 🎉 !
Enfin… presque. Anaïs, mon épouse et alpha-lectrice, vient de me faire des retours sur les six derniers chapitres ainsi que l’épilogue. Je dois encore les traiter avant de figer définitivement cette version.
Réaction à chaud
Je suis très heureux d’être arrivé au bout de cette longue étape du projet (dix mois 😲). C’est le deuxième roman que j’écris du début à la fin, mais c’est le premier qui bénéficie d’une alpha-lecture continue tout au long de la rédaction et des corrections qu’elle implique. Je suis vraiment satisfait du résultat, même si j’ai encore beaucoup de travail avant de pouvoir envisager de l’envoyer à une maison d’édition.
Ce second jet s’est déroulé sans gros blocages. Je n’ai pas réutilisé beaucoup de texte de la version précédente. La structure de l’histoire n’a pas trop bougé. Les personnages se sont développés, enrichis et ont trouvé leur voix au fur et à mesure de l’écriture (ce qui va nécessiter quelques ajustements sur le début de l’histoire). Un tas d’éléments d’intrigues sont apparus et se sont connectés spontanément et naturellement au récit. Bref, c’est une histoire qui roule.
Pour mes futurs premiers jets, je suis très partagé entre écrire très vite un « brouillon illisible » ou viser tout de suite une qualité plus élevée pour gagner du temps par la suite. L’intérêt du brouillon rapide est de tester si l’histoire tient la route et de limiter la casse s’il faut tout changer. Mais c’est un écueil qui peut être mitigé en planifiant son histoire en amont. J’ai encore le temps d’y réfléchir avant d’être confronté à ce choix.
Le deuxième jet en chiffres
Pour ceux qui, comme moi, aiment les données numériques peu utiles, en voici quelques-unes :
- Le second jet d’Élévation compte 122 638 mots ou 733 713 caractères (espace compris) contre 36 162 mots pour le premier jet. Cette fois, on est largement dans le format roman. Pour vous donner un ordre de grandeur, c’est à peu près le même nombre de mots que Twilight de Stephanie Meyer ou Wuthering Heights d’Emily Brontë (en VO, les VF ont souvent plus de mots, car beaucoup de mots anglais ne peuvent être traduits que par de longues expressions en français).
- Ce second jet compte 57 segments (scènes et séquelles) répartis en 33 chapitres et un épilogue. Les chapitres (épilogue exclu) ont une longueur moyenne de 3671 mots. Le plus petit en compte 2242 et le plus long 5592.
- La rédaction de ce second jet a duré 10 mois, de début juin à fin mars, avec une accélération progressive de mon rythme d’écriture. J’ai écrit en moyenne 12 000 mots par mois. J’ai déjà été beaucoup plus véloce : j’avais écrit les 70 000 mots de ma première tentative de roman en un seul mois (durant un Novel Writing Month), mais la qualité de ce premier jet était bien moins élevée et je n’avais pas encore d’enfants. 😅
Suite du projet
Je viens de m’accorder une semaine de pause sans toucher au clavier ni trop cogiter sur Élévation. Je dois vous avouer que ce changement de rythme m’a fait tout drôle. J’ai dû combattre la petite voix dans ma tête qui m’ordonnait d’aller écrire à chaque moment de temps libre. Ces sept jours ont été très reposants, mais ils se sont accompagnées d’un léger sentiment de manque. Il semble qu’écrire presque tous les jours pendant un an ait contribué à créer une habitude.
Maintenant que cette pause est terminée, je vais reprendre le travail et viser un rythme un peu moins soutenu, disons une heure par jour, histoire de rattraper un peu mes lectures en retard et de redonner plus de place au sport.
La prochaine grande étape du projet est naturellement la rédaction du troisième jet. Mais avant cela, il y a du travail.
Travaux préparatoires du troisième jet
J’ai devant moi une montagne de travaux préparatoires à mener. À commencer par mettre au propre plusieurs pages de notes griffonnées tout au long des dix derniers mois et qui serviront à alimenter le troisième jet.
Ces notes comportent notamment un tas d’éléments d’intrigues apparues sur le tard et qui doivent être introduites/présentées/spécifiées plus tôt dans l’histoire. En somme, on peut dire que je dois accrocher quelques fusils de Tchekhov sur les murs.
J’aimerais également prendre le temps d’écrire des « fiches de personnages ». J’y formaliserai leur caractère, leur description physique, leur évolution au cours de l’histoire et leur ton/voix. Ces fiches m’aideront à garder ces personnages cohérents pendant le troisième jet. C’est quelque chose que j’aurai probablement dû faire en amont, mais d’un autre côté, j’aime bien découvrir mes personnages en les confrontant à l’histoire.
Worldbuilding
J’ai également beaucoup de travail côté worldbuilding, histoire d’avoir quelque chose de vraiment solide et plausible pour la cohérence de mon histoire.
Premièrement, pour alimenter mon imaginaire cyberpunk, il y a quelques livres et documentaires que j’aimerais consulter :
- Futurs No Future d’Antoine Daer, un essai sur le cyberpunk.
- The Big Book of Cyberpunk Vol. I et II, des recueils de nouvelles.
- Relire le Neuromancien de William Gibson, un des romans fondateurs du genre.
- France, il était une fois demain, un documentaire sur le climat en France en 2100.
- L’appart du futur, un documentaire sur des logements low-tech.
Ensuite, j’ai quelques points très spécifiques à travailler :
Le climat de Néo Paris 2100 : Je pense partir sur une dualité saison sèche/saison des pluies, avec quelques vagues de froid polaire très ponctuelles et plus de mi-saisons. Bref, un peu ce qu’on commence à voir. Ce climat et ses implications doivent apparaître en toile de fond tout au long de l’histoire et avoir un impact sur la vie des mégalopolitains et de ceux qui habitent la zone morte.
Nomenclature des groupes d’individus : Aujourd’hui, j’ai les mégalopolitains dans la zone active et pas de nom satisfaisant pour ceux relégués à la zone morte. J’avais initialement pensé aux « non-citoyens », aux « hors-castes » ou aux « plébéiens ». Mais aucune de ces options ne fait « tilt » dans ma tête. Les « communards » continueront de représenter ceux vivant dans des communautés, mais cela ne couvre pas tous les habitants de la zone morte, dont font notamment partie les frontaliers.
Les mégacorporations : Je mets en scène une dizaine de mégacorporations dans mon projet. Certaines sont basées sur des entreprises actuelles connues : Meta, Stellantis, Dassault Rheinmetall. Mais d’autres, comme Tenhros, celle de l’antagoniste de l’histoire, sont totalement fictives.
Je suis encore un peu partagé entre ces deux options : fictif ou réel. Mais pour ancrer plus Néo Paris dans le réel, je pense partir sur la deuxième option. Pour ça, j’envisage de renommer Tenhros et de l’associer à l’entreprise polémique Palantir.
J’aimerais également écrire des fiches récapitulatives sur ces mégacorporations avec notamment leurs secteurs d’activités, leur puissance, logo et devise.
Lexique cyberpunk et technologies du futur : j’aimerais peaufiner/préciser le lexique cyberpunk que j’emploie avec notamment le jargon, les technologies, et les gadgets employés tout au long de l’histoire. J’ai notamment ces quelques points en tête :
- Comment appelle-t-on l’internet du futur ? Avec quoi s’y connecte-t-on ?
- À quoi ressemble une Interface Neuronale Directe ? Et un casque neuronal pour ceux qui ne veulent pas d’implants invasifs ?
- Qui utilise des implants cybernétiques ? À quoi ressemblent-ils ?
Et ce n’est qu’une petite partie des choses que je dois définir.
Planning à venir
J’ai besoin d’une petite semaine pour traiter les derniers retours de mon second jet. Ensuite, j’espère ne pas passer plus d’un mois sur les nouveaux travaux préparatoires. Mais vu la quantité de travail, c’est possible que ça déborde.
Viendra alors la rédaction du troisième jet. J’ai quelques segments à revoir complètement (surtout le premier), mais globalement, j’espère ne pas avoir beaucoup de modifications à apporter. Il s’agira surtout de tailler le superflu et de m’assurer que tout est cohérent au niveau de l’intrigue, des personnages et du worldbuilding. Tant que je n’aurai pas commencé, je serai incapable d’estimer le temps que cela me prendra. Mais, idéalement, j’aimerais boucler ça avant de commencer ma troisième année aux Artisans de la Fiction en septembre prochain.
Ma deadline pour ce projet reste janvier 2027. J’aimerais avoir un manuscrit, une liste d’éditeurs ainsi qu’un dossier de présentation prêt à envoyer pour cette prochaine saison des manuscrits. Mais j’aimerais également avoir le temps de faire bêta lire mon troisième jet avant. Bref, je ne dois pas chômer !
Épilogue
Sur ce, il est plus que temps de me remettre au travail. Je vais essayer de garder le rythme d’un billet par mois. Si j’avance assez vite, le prochain annoncera peut-être le début du troisième jet ! (J’en doute.)
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Merci de m’avoir lu ! :-)
Fin.